Aimer la vie et apprendre à la donner
Atteinte de fibrose kystique, Audrey refuse de se laisser définir par la maladie. Entre le deuil de son père, son combat pour la santé et son nouveau rôle de maman, découvrez le portrait d’une femme qui transforme chaque tempête en arc-en-ciel.
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Audrey Boissonneault
Par Roger Clavet

Au chapitre de la résilience et du cheminement personnel face à l'adversité, Audrey Boissonneault, qui vit avec la fibrose kystique, est championne toutes catégories.
Au cours d’un entretien-vérité accordé à VAFK, la jeune femme se définit comme une « battante » en constante évolution, tirant des leçons de ses expériences pour devenir une meilleure version d'elle-même.
« La maladie ne me définit pas », assure Audrey, qui a accepté de survoler et de partager avec nous son laborieux parcours de vie, qui inclut pourtant la maladie chronique, le deuil, les abus sexuels, l’anxiété généralisée et bien d’autres épreuves.
« Médaillée d’or » de la vie
Sous plusieurs aspects, Audrey Boissonneault apparaît presque comme une athlète olympique ayant remporté la plupart des « épreuves » auxquelles elle a participé. L’image l’amuse.
« En ce sens, je me considère comme une ‘médaillée d'or’ de la vie », ironise-t-elle, insistant sur le fait que la maladie ne la définit pas.
Aujourd'hui, Audrey Boissonneault voit un avenir "plus lumineux" pour la personne qu’elle est devenue.
« Je vois davantage venir un arc-en-ciel qu’un épisode de pluie »
Papa « retarde » son décès pour sa fille
À l’insu d’Audrey, sa mère Manon suppliait son conjoint Jacques, en fin de vie à seulement 50 ans, de "tenir bon" au moins jusqu'au 13e anniversaire de naissance de sa fille. Audrey ne se doutait de rien. Le père tiendra bon et rendra l’âme au lendemain de la fête organisée pour elle.
« Je retiens surtout que mon père a ‘toffé’ pour moi. Il n’y a pas de plus beau cadeau d’anniversaire », estime Audrey Boissonneault, qui avoue ne s’être jamais remise à 100 pour cent de ce deuil traumatisant vécu à l’adolescence.
Elle a longtemps contenu sa peine, ne pleurant qu'à l'école pour ne pas être un fardeau pour sa famille. D’ailleurs, elle poursuit toujours une thérapie pour travailler sur ce deuil non résolu et sa difficulté à exprimer sa vulnérabilité.
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Une famille solide et solidaire
Heureusement pour elle, Audrey estime avoir toujours pu compter, en plus du soutien indéfectible de ses parents, sur l’amour et la compréhension de ses soeurs Mélissa et Annick et de son frère Hugo.
« J'ai toujours su que mes frères et sœurs étaient là pour moi, qu'ils étaient là pour me relever. Ils m'ont toujours soutenue, ils donneraient tout pour moi comme je le ferais pour eux. Ça, c'est sûr », insiste Audrey.
Écrire et voyager comme bouées de survie
Audrey cultive des mécanismes d'adaptation qu’elle met au service de ses passions : la mer et les voyages ainsi que l’écriture.
« L'évasion, le soleil et la mer sont des lieux où je me ressource et me recentre. Ce sont autant d’outils qui m’aident à rester sereine », nous livre-t-elle comme un secret longtemps gardé.
Même chose pour l’écriture. C'est un exutoire thérapeutique majeur. « Je publie un blog, abordant des sujets comme l'anxiété, la perte de mon père, les relations toxiques et les abus sexuels. L'écriture me permet de jeter mes émotions sur papier, librement et sans crainte », révèle celle qui dit avoir également subi des attouchements et du harcèlement sexuel, de l’anxiété généralisée et des troubles alimentaires.
Défaire le mythe du remède-miracle
Audrey souhaite que le public comprenne que malgré les avancées prodigieuses que permet le Trikafta, la FK n'est pas "guérie". Audrey, qui a accès à ce présumé « médicament-miracle », continue d'avoir des limites (fatigue, capacité pulmonaire), en plus d’expérimenter des effets secondaires méconnus. Elle appelle à une prise de conscience collective pour aller au-delà des apparences médiatiques et soutenir davantage la recherche et les personnes vivant avec la FK.
Selon elle, ce serait une erreur de conclure que la science a vraiment trouvé une cure à la fibrose kystique. Elle croit qu’il faut ramener les gens à la raison en disant qu’on connaît encore très mal les thérapies géniques.
« Il y a encore beaucoup d'obstacles à vivre. Des gens, par exemple, n'ont pas encore accès à Trikafta. C’est pour ça qu’il faut aller encore plus loin. Il y a encore tant à faire », s’enflamme Audrey.
Donner la vie en cadeau
Audrey constate que sa mère a toujours joué un rôle central dans sa vie. Au fil des nombreux rendez-vous médicaux, hospitalisations et défis liés à sa santé, Audrey a développé avec sa mère un lien très fort, particulièrement après le décès de son
père, alors que sa mère devient sa confidente personnelle et son principal point d’appui.
« Ma mère, au travers de toutes ces années, est devenue toute ma vie parce que c'est ma meilleure amie, la seule personne avec qui je peux parler et me sentir bien », confie Audrey.
À son tour devenue maman, le 28 décembre 2025, d’un jeune poupon prénommé Xavier, Audrey se rend bien compte que le cadeau le plus précieux que peut léguer une mère à sa fille n’est pas seulement de la mettre au monde, mais de lui montrer comment donner naissance à son tour.
Une pensée offerte tel un bouquet de fleurs à toutes les mamans à l’occasion de la Fête des mères !
Parce qu’aucune famille ne devrait traverser la fibrose kystique seule, votre soutien fait une réelle différence: https://www.jedonneenligne.org/vivreaveclafibrosekystique/DG/

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